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Temps libre du dirigeant : la règle du juste milieu

VALERIE LANDRIEU Le 24/08 

Sommeil et pratiques sportives des dirigeants participent à l’amélioration des performances économiques de leurs entreprises, selon le baromètre Harmonie Mutuelle-Soregor. Mais le dosage est subtil.

Le retour de vacances d’été s’accompagne fréquemment de bonnes résolutions, et notamment celle de prendre davantage soin de sa forme physique. Au delà de l’universel « mens sana in corpore sano », l’Observatoire « santé et bien-être des dirigeants d’entreprise », réalisé par Viavoice pour la mutuelle santé Harmonie Mutuelle et le cabinet de conseil et de comptabilité Soregor, montre que « la bonne santé des dirigeants participe à l’amélioration des performances économiques » de l’organisation.

401 entreprises

Entre ces paramètres, « les corrélations sont très significatives », expliquent les pilotes du sondage, qui ont croisé les indicateurs économiques (chiffre d’affaires, résultats, investissements, et perspectives) de 401 entreprises des Pays de la Loire avec les pratiques quotidiennes de santé des dirigeants. La question qui se pose tout de même est celle de savoir à quel stade de la vie de leur entreprise ces dirigeants ont été interrogés. Une réserve peut pointer : les patrons qui accordent le plus de temps à leur santé, leur bien-être et leurs loisirs ne sont-ils aussi ceux qui sont en mesure de le faire – en clair ceux dont les entreprises vont bien ou sont les plus pérennes ?

Entre 50 et 59 heures de travail hebdomadaire

Les résultats de ce baromètre ne doivent toutefois laisser indifférent. Ils montrent que l’indice d’activité économique – dont la moyenne est établie à 5,5 sur 10 – diffère selon le temps de travail du dirigeant, mais surtout relève d’un dosage subtil. Ainsi, si l’indicateur progresse à 6,3 lorsque le dirigeant travaille entre 50 et 59 heures hebdomadaires – ce qui est le cas de 29 % de l’échantillon –, il passe sous la moyenne (5,4), lorsque le dirigeant travaille 60 heures ou plus, comme 39 % des dirigeants interrogés. Entre 40 et 49 heures de travail, l’indice d’activité économique se réduit un peu plus (5,3) mais on conviendra que 20 heures de travail de plus pour 0,1 point supplémentaire traduit surtout l’inefficacité de cet investissement temps. En revanche, à moins de 40 heures (12 % de l’échantillon), pas de secret : l’indice de performance s’effondre à 4,4.

Dormir 8 heures et plus

En matière de sommeil, l’indice d’activité économique grimpe lorsque les dirigeants déclarent dormir 8 heures et plus, mais ceux-ci ne représentent guère que 17 % de l’échantillon. La majeure partie de ces patrons – les deux tiers de l’échantillon – déclarent entre 6 et 8 heures de sommeil par nuit. Et la même logique revient : moins de sommeil, moins de performance. Résultat : à moins de 6 heures de sommeil, l’indice passe sous la moyenne (5,1). Un coup d’arrêt au principe généralisé des nuits de « charrettes ».

3 heures et 7 minutes de détente

La règle intrigue un peu plus pour les jours de congés : à 5 semaines et plus de vacances par an, l’indice de l’activité économique de l’entreprise se trouve boosté à 5,8. Il passe à 5,3 pour une période de congés comprise entre 2 et 5 semaines, ce qui représente près de la moitié de l’échantiilon. Soit. De là en déduire que seules les très grandes vacances sont sources de performances… Erreur : l’indice remonte à 5,6 pour les entreprises dont les dirigeants partent moins de 2 semaines. En ce qui concerne l’activité physique et sportive, la ligne de conduite est simple : les entreprises les plus performantes (5,9) sont celles dont les dirigeants pratiquent trois heures et plus d’activités physiques hebdomadaires – ils représentent moins d’un quart de l’échantillon. A moins d’une heure de sport par semaine, l’indice passe à 5,3. Si le temps moyen accordé aux activité de détente et de loisir est 3 heures et 7 minutes, un quart des dirigeant interrogés y consacrent moins d’une heure, mais là aussi l’indice de performance économique est moins élevé.

Un dirigeant déconnecté de son entreprise, sans téléphone, mobile ou tablette, fors de temps de sommeil ? 44 % de l’échantillon indiquent se soumettre à une telle discipline entre 2 et 5 heures par semaine. C’est là la bonne durée, semble-t-il, l’indice d’activité économique grimpant à 5,8. A moins de deux heures et à plus de cinq heures, l’indicateur passe respectivement à 5,3 et 5,2. Décidément une question de juste milieu.

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