Vous êtes ici

Protection des données : les entreprises maîtrisent mal le règlement européen

 CECILE DESJARDINS Le 21/09 

Alors que le récent règlement général sur la protection des données va imposer la pseudonymisation des informations, rares sont les entreprises qui pratiquent aujourd’hui le masquage ou le hachage de leurs données.

Adopté le 14 avril dernier, le règlement général sur la protection des données (RGPD) entrera en vigueur en 2018 dans l’Union européenne, mais seules 38 % des entreprises françaises maîtriseraient les exigences du texte en matière de « pseudonymisation », selon une étude récente (1) menée par le spécialiste de la virtualisation des données Delphix. Ainsi, un tiers (34 %) des personnes interrogées en France se seraient renseignées sur ces nouvelles exigences imposées par le texte mais... déclarent avoir des problèmes à les comprendre. Enfin, 28 % des entreprises françaises affirment tout simplement ne pas avoir de connaissances sur le sujet.

« D’après le texte européen, la pseudonymisation consiste à s’assurer que les données sont conservées sous une forme ne permettant pas l’identification directe d’un individu sans l’aide d’informations supplémentaires », explique Iain Chidgey, vice-président International chez Delphix. En pratique, pour protéger les individus et réduire les risques de fuite des données individuelles, le nouveau règlement européen encourage les organisations à pseudonymiser leurs données à différents points mais l’ensemble des pays concernés semble avoir du mal à comprendre ce qu’implique concrètement le texte« La France présente actuellement le meilleur taux de compréhension dans les trois principaux marchés en Europe, puisque seulement 17 % des personnes interrogées au Royaume-Uni affirment maîtriser totalement les exigences de pseudonymisation, contre 21 % en Allemagne », souligne Delphix.

Le problème du masquage des données

Une pseudonymisation qui passe souvent par le masquage ou le hachage de données de données mais, actuellement, seul un tiers des données seraient masquées en France (un quart au Royaume-Uni et en Allemagne). Les principales difficultés rencontrées par les entreprises en matière de masquage tiennent tout d’abord à la distribution des données à travers l’entreprise et au manque de contrôle centralisé (43 %), mais aussi au temps que requiert l’opération, occasionnant des retards dans les projets (26 %). En outre, 26 % des personnes interrogées en France et en Allemagne affirment également que les coûts des outils de masquage sont prohibitifs.

Pourtant, la pseudonymisation des données présenterait des avantages : 57 % des entreprises françaises estiment qu’elle diminuera le risque encouru par leur marque en cas de fuite de données, avec 54 % qui pensent qu’elle permettra aux équipes d’identifier, de contrôler et de rendre compte des données. En outre, 55 % des personnes interrogées en France (44 % en Allemagne) déclarent également que cela devrait réduire la quantité de temps et d’argent investis dans les initiatives liées à la protection de données.

(1) – Etude menée par Vanson Bourne auprès de 300 entreprises en Europe : 100 en France, 100 au Royaume-Uni et 100 en Allemagne.pour Delphix.

En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/directions-juridiques/droit-des-affaires/res...