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Les patrons prudents face aux défis de demain

Selon un sondage, les patrons privilégient l’emploi à l’investissement dans les nouvelles technologies.

« Visibilité du court terme et fortes incertitudes de long terme. » C'est avec ces mots que le Medef résume l'état d'esprit actuel des chefs d'entreprise dans un sondage publié ce mardi à l'occasion de l'ouverture de son université d'été.

Réalisé avec l'institut Viavoice, le baromètre questionne pour la première fois la vision de salariés et de chefs d'entreprise sur les défis de demain, numérisation et robotique en tête. Si 79 % des patrons et 76 % des salariés estiment avoir une bonne visibilité concernant l'activité de leur entreprise pour l'année à venir, les chiffres tombent à 27 % et 36 % quand il s'agit de se projeter dans dix ans.

 

Les patrons prudents face aux défis de demain

Preuve, selon les auteurs de l'étude, des incertitudes de long terme auxquelles font face les entreprises, tant sur le plan économique que sur celui des innovations technologiques. Face à ces enjeux, « embaucher de nouveaux profils de salariés » est la première réponse envisagée par les chefs d'entreprise (48 %). Ceux-ci parient davantage sur l'humain que sur l'investissement dans le matériel (41 %) ou dans la recherche (18 %), souligne l'étude.

Un « travail de pédagogie »

Toutes les grandes mutations qui affectent l'économie mondiale (numérisation, Big Data, robotisation, mondialisation, etc.) sont ­perçues avant tout comme une opportunité et très peu comme une menace. Mais c'est comme si les chefs d'entreprise regardaient tout cela de loin : seuls 57 % des chefs d'entreprise se disent concernés par le développement des objets connec­tés et 35 % par la mondiali­sation et le développement des échanges commerciaux. « Les mutations sont appréhendées par beaucoup d'entreprises, mais pas assez à notre goût, explique-t-on au Medef. Beaucoup se croient encore en dehors de ces préoccupations. On va devoir poursuivre notre travail de pédagogie. »

Une fois n'est pas coutume, le sondage a également mis au jour la convergence des avis de salariés et de chefs d'entreprise. A quelques points près, « il n'y a pas d'écart majeur de perception des enjeux et des opportunités liées à l'avenir », note le Medef. Ainsi, 65 % des dirigeants et 60 % des salariés consi­dèrent que le rôle d'un chef d'entreprise est, en priorité, de créer et protéger les emplois, devant la création de richesse ou l'innovation. « Il n'y a pas de vision conflictuelle au sein des entreprises », se félicite-t-on au Medef. Des points de friction demeurent pourtant. Si patrons et salariés imaginent une entreprise du futur d'abord « tournée vers le numérique et la robotique », les premiers imaginent en deuxième position l'entreprise plus « flexible, capable de s'adapter rapidement au changement ». Pour les seconds, elle devrait plutôt être « proche de ses salariés, avec de nouvelles méthodes de travail ».

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