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Le DRH occupe le poste le plus inconfortable au comex

MARIE-SOPHIE RAMSPACHER Le 28/09 

Les directeurs des ressources humaines trouvent leur costume bien étroit selon la Radioscopie des DRH 2016 réalisée par Cegos. Insuffisamment associés à la stratégie, ils disent manquer de soutien et de la part de la direction.

A en croire la Radioscopie 2016 des DRH, le quotidien de ces professionnels s’est fortement obscurci depuis 2012. Interrogés par Cegos, 245 directeurs des ressources humaines pointent le poids croissant des contraintes administratives et réglementaires. Entre le travail de mise en conformité en regard des diverses lois(Formation, Rebsamen, Travail etc.) et la négociation des accords d’entreprises, ils semblent regretter ce rôle d’expert technique et juridique. « Alors qu’ils se disaient d’abord motivés par le développement des talents et l’accompagnement du changement, ils consacrent assez peu de temps à la création de valeur et à la réflexion stratégique », constate Virginie Loye, responsable des formations RH et droit social de la Cegos.

Quel que soit l’acte managérial, ces cadres dirigeants travaillent de plus en plus dans l’urgence, contraints d’éteindre des « incendies »(conflits avec les managers, incompréhensions avec les organisations syndicales, problèmes de process etc.) avec des marges de manœuvre qui tendent à s’amenuiser selon 64 % des répondants. La grande majorité évoquent la gestion de réorganisations incessantes « alors même qu’ils manquent d’information sur la stratégie de l’entreprise » , ce qui ne simplifie guère leur action. La moitié confient se heurter au manque de vision sociale et d’anticipation de la direction, une difficulté qu’ils n’avaient jamais pointé jusque-là. De même, pour la première fois, les DRH révèlent souffrir du manque de soutien de la direction générale bien qu’ils déclarent jouir d’une vraie liberté de parole. Un paradoxe qui n’est qu’apparent. Dans leur fonction, en première ligne pour orchestrer des plans d’économie et des plans de départ, ils sont isolés dans cette délicate mission. 46 % admettent même agir contre leur éthique et leurs valeurs...

Si le tableau semble un peu noir, les 960 salariés interrogés en miroir sur leur vision de cette fonction RH, confirment la photographie d’ensemble : pour la majorité d’entre eux, le DRH n’est pas assez transparent, ni « humain ». Pire, il serait soumis à la direction générale.... « Les crises économiques et sociales de ces dernières années ont sans doute accru ce sentiment d’opacité et de défiance. Les cadres d’ailleurs sont les plus sévères sur le manque de transparence que les employés et les ouvriers  », relève Virginie Loye.

Cette radioscopie est intéressante car elle confirme que le DRH occupe le poste le plus inconfortable au sein du comex parce que sa feuille de poste, variable selon la taille de l’entreprise et son secteur d’activité, reste floue, voire contradictoire. Si les salariés attendent de leur DRH un sens du relationnel, de l’écoute, de la rigueur morale et le respect des engagements _regrettant le gestionnaire de processus_ les DRH souhaiteraient pouvoir exprimer leur vision stratégique, leurs talents de négociateur et de médiateur. Ils ne se rêvent pas des hommes de proximité alors qu’ils sont attendus sur ce terrain. Il en va de même sur le sujet du numérique : si l’accompagnement des projets de digitalisation et de transformation de l’entreprise constitue leur enjeu central selon la Radioscopie, ces mêmes dirigeants reconnaissent à mots couverts leur retard sur le sujet. « Beaucoup ont commis l’erreur de réduire le sujet du numérique au e-learning et aux job boards  », approuve un consultant.

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