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La promotion interne, la voie première pour devenir PDG - Les Echos 02/10/2015

La promotion interne, la voie première pour devenir PDG

LAURENCE BOISSEAU / JOURNALISTE | LE 02/10

 

Le nouveau patron Volkswagen, Matthias Müller, vient groupe Volkswagen 82 % PDG en Allemagne issus recrutement interne, 64 % France.

Le nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller, vient du groupe Volkswagen comme 82 % des PDG en Allemagne qui sont issus du recrutement interne, contre 64 % en France. - Michael Sohn/AP/SIPA

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82 % des PDG en Allemagne sont issus du recrutement interne, contre 64 % en France

Matthias Müller, le nouveau patron de Volkswagen , vient du groupe Volkswagen. A soixante-deux ans, il a fait toute sa carrière au sein du géant automobile allemand, d’apprenti outilleur chez Audi à patron de Porsche, en passant par la direction de la stratégie. La voie royale. Pour pourvoir les postes de DG, PDG ou président du directoire, les conseils d’administration ou de surveillance privilégient le recrutement interne. Même si les statistiques diffèrent selon les pays, cette tendance est générale en Europe et aux Etats-Unis.

« Culturellement, l’Allemagne promeut les chefs en interne. Le collaborateur est plus attaché à son employeur qu’il ne l’est dans d’autres pays. Quitter son groupe est aussi contractuellement plus compliqué. Contrairement à la France, où la durée du préavis de départ ne peut excéder trois mois, en Allemagne, c’est l’entreprise qui décide. Dans les faits, les préavis durent en moyenne entre neuf et douze  mois pour les diri geants », explique Sylvain Dhenin. managing partner pour l’Europe de l’Ouest chez Heidrick & Struggles. Dans une étude que le cabinet de conseil en recherche de dirigeants vient de publier sur les PDG, il ressort que 82 % des successions se font par promotion interne en Allemagne ; 83 % aux Etats-Unis. « Aux Etats-Unis, ce résultat peut sembler contre-intuitif. Mais il s’explique par des programmes de développement très robustes pour les cadres dirigeants organisés par les grands groupes », commente Marc Bartel, chez Heidrick & Struggles.

Les « produits » maison plébiscités

En France et au Royaume-Uni, si le recrutement interne est préféré (près de 65 % des cas) à celui en l’externe, ce dernier se pratique assez souvent (environ une fois sur trois). Total fait partie des groupes qui cherchent leurs patrons à l’intérieur du groupe. Et ce, depuis vingt ans. « Nous sommes suffisamment nombreux, nous avons suffisamment de talents pour y arriver », avait évoqué Christophe de Margerie, avant sa mort accidentelle. Récemment, aussi, chez Safran, avec Philippe Petitcolin, ou encore chez Engie, avec Isabelle Kocher, le choix s’est porté sur un « produit » maison.

A l’inverse, d’autres groupes cherchent la perle rare hors de leurs murs. Jean-Bernard Lévy, ancien patron de Vivendi et de Thales, a repris le flambeau chez EDF  ; Carlos Tavares a quitté Renault pour prendre la tête de PSA. Cette situation se rencontre surtout dans trois cas. D’abord, quand les entreprises vont mal : elles ont besoin d’un homme nouveau qui va tout changer. Ensuite, quand ces dernières prennent un tournant et initient une nouvelle stratégie. Enfin, dès lors qu’il s’agit d’accélérer la performance, notamment par des réductions de coûts.

Si la France est plus encline que d’autres pays à rechercher des candidats en externe, c’est aussi parce qu’elle affectionne les « formations d’élite ». Selon l’étude d’Heidrick & Struggles, 50 % des PDG français sont issus de grandes écoles, HEC, Insead, ENA et Polytechnique. En Allemagne, ils ne sont que 38 % à avoir un diplôme équivalent, et seulement 28 % aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, plus ouvert sur les parcours professionnels des dirigeants.

Laurence Boisseau

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