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EDF prêt à céder le contrôle du terminal GNL de Dunkerque

Les Echos - Anne Drif - Veronique Le Billon Le 19/0617

L'électricien public a mandaté deux banques en vue de céder tout ou partie de ses 65 % dans l'infrastructure.
Mis en service en janvier, le terminal se verrait valorisé autour de 2 milliards d'euros.

EDF poursuit son programme de cession d'actifs de 10 milliards d'euros. Selon nos informations, l'électricien public français a mandaté les banques Nomura et CFL en vue de céder le contrôle du terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Dunkerque. Détenue à 65 % par EDF, à 25 % par le réseau de transport de gaz belge Fluxys et à 10 % par Total, l'infrastructure, qui dispose d'une capacité de regazéification représentant plus de 20 % de la consommation annuelle de gaz naturel en France et en Belgique, a été mise en service au début de l'année (« Les Echos » du 4 janvier 2017).

Dès la fin 2015, EDF avait inscrit sur la liste de ses actifs potentiellement cessibles sa filiale Dunkerque LNG, qui héberge l'infrastructure. Mais il ne s'agissait alors que d'en vendre 15 %, afin d'en garder le contrôle. Et le processus n'avait pas été lancé. A l'époque, des assureurs et un groupe méthanier japonais avaient manifesté leur intérêt. Mais l'électricien restait engagé sur les risques de construction, ce qui complique toujours les cessions, ou au moins leur valorisation. Les esprits ont visiblement évolué, et l'électricien public n'exclut plus de descendre sous les 50 % du capital, voire de céder la totalité de sa participation. A cette occasion, le terminal pourrait se voir valorisé autour de 2 milliards d'euros.

Dans un premier temps, le processus de cession va demeurer fermé, puisque le deuxième actionnaire du groupe, Fluxys, conseillé par Rothschild dans cette transaction, dispose d'un droit de préemption sur les parts d'EDF. Reste à savoir s'il y mettra le prix. A défaut, une série de grands fonds d'infrastructures devraient manifester leur intérêt pour cet actif de très long terme. « Le marché du GNL n'est pas très porteur, mais les fonds d'infrastructures ont du cash à investir et eux ne sont pas intéressés par 15 % », observe une source à EDF. Le groupe Total, quant à lui, ne souhaiterait pas faire évoluer sa participation à ce stade.

Les actionnaires actuels sont aujourd'hui les principaux utilisateurs du terminal : sur les 13 milliards de mètres cubes de capacité de regazéification, Total en a souscrit 2 milliards et EDF 8 milliards. « EDF veut aller vite dans la réalisation de son programme de cession, mais il veut aussi sécuriser ses capacités de tirage. Ce sera la clef de l'équation », note une source interne.

Alors qu'EDF avait laissé entendre qu'avec quelques années de recul, il n'aurait peut-être pas lancé cet investissement coûteux (1,2 milliard d'euros), le corps social continue à s'interroger sur la stratégie gazière du groupe. Le comité central d'entreprise a d'ailleurs obtenu un point sur le sujet il y a dix jours. « Mais nous n'avons pas eu de réponse franche », note un élu. Ni sur Dunkerque ni sur le projet d'ouverture du capital de la filiale gazière d'EDF, l'italien Edison, toujours à la peine.

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