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EDF espère un rebond pour 2018

Les Echos - Anne Feitz Le 28/07/17

L’électricien a vu ses résultats semestriels plombés par des conditions de marché défavorables et une baisse de la production nucléaire en France.

Les arrêts de réacteurs nucléaires imposés l'hiver dernier par l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) ont continué de peser lourd sur les comptes d'EDF. L'électricien a annoncé un résultat brut d'exploitation (Ebitda) en baisse de 21,8 % sur les six premiers mois de 2017, à 7 milliards d'euros (contre 8,9 milliards sur la même période de 2016), tandis que seule une plus-value de 1,3 milliard d'euros sur la cession de 49,9 % de RTE, sa filiale de transport d'électricité (lignes à haute tension), sauvait le résultat net part du groupe : il n'a reculé que de 3,7 %, à 2 milliards. « Il n'y a eu ce semestre aucune mauvaise nouvelle non attendue », note toutefois Xavier Girre, le directeur financier du groupe. « Ce qui nous a permis de confirmer l'ensemble de nos objectifs, pour cette année comme pour l'an prochain ».

L'impact de l'arrêt des réacteurs, lié à des contrôles sur le taux ségrégation de carbone de certains composants, aura pesé par deux biais : elle a entraîné un recul de 3,9 % de la production nucléaire à 197,2 térawattheures (TWh), mais aussi une hausse des prix de l'électricité qui a contraint EDF à vendre des électrons à ses concurrents à un prix inférieur, selon le mécanisme de l'Arenh prévu par la loi. Au total, l'impact sur l'Ebitda de ces deux éléments a dépassé 1 milliard d'euros. Mais EDF a aussi souffert de l'insuffisance des pluies, qui a pesé sur sa production hydraulique, ou encore de la baisse des prix de l'électricité nucléaire au Royaume-Uni, son premier marché à l'étranger.

Economies supplémentaires

« En même temps nous avons poursuivi le déploiement rigoureux de notre plan de performance, sur la réduction des coûts », insiste Xavier Girre. Les économies supplémentaires ont atteint 225 millions d'euros sur la période, portant à 70 % le taux de réalisation de l'objectif de 700 millions d'euros entre 2015 et 2018. De même la vente de 49,9 % de RTE (entre autres) lui a permis d'annoncer que 80 % de son objectif de cessions sur 2015-2020 (10 milliards) est déjà atteint.

EDF prévoit donc toujours une nouvelle baisse de son Ebitda cette année à 13,7-14,3 milliards (16,4 milliards en 2016, -4,8 % par rapport à 2015), avant un rebond l'an prochain à 15,2 milliards, notamment grâce à la reprise de la production nucléaire.« 2017 est un point bas dans le cycle », , a souligné le PDG Jean-Bernard Lévy lors d'une conférence téléphonique.Le groupe ne prévoit donc pas d'impact à court terme des surcoûts de 1,7 milliards d'euros annoncés début juillet sur l'EPR anglais. Il a indiqué avoir présenté à son Conseil d'Administration son plan d'actions destinées à éviter tout autre dérapage -sans toutefois le rendre public.

L'électricien, qui a bénéficié en mars d'une recapitalisation de 4 milliards d'euros de la part de l'Etat, va aussi devoir d'ici fin 2017 apporter son tribut au sauvetage de la filière nucléaire en rachetant Areva NP , la division réacteurs de l'ex-fleuron tricolore.

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