Vous êtes ici

Comment concilier baisse de la production nucléaire et hausse du nombre de véhicules électriques ?

L’objectif de Nicolas Hulot, ministre de la Transition énergétique et solidaire, d’interdire les ventes de voitures diesel ou essence à partir de 2040 et celui de fermer jusqu’à 17 réacteurs d’ici à 2025 sont a priori contradictoires. RTE, le gestionnaire du réseau, planche régulièrement sur ce sujet. Dans son dernier bilan prévisionnel, la société développe deux scénarios. Le premier prévoit un parc de 400 000 à 800 000 véhicules électriques à l'horizon 2021. Il n'aurait pas d'incidence significative sur la consommation. Deuxième option : 5 millions de voitures électriques ou hybrides en 2030, pour un trajet moyen de 35 kilomètres par jour. « Dans l'absolu, cela représente douze terrawateures de consommation annuelle, soit peu ou prou l'équivalent d'un réacteur EPR de troisième génération », commente RTE. S'il s'agit de remplacer les 38 millions de voitures qui circulent aujourd'hui en France, sept Flamanville seraient nécessaires. En outre, le ministre suppose que les Français rouleront tous un jour en voiture électrique. Aujourd'hui, cela semble très optimiste. Depuis le début de l'année, 13 555 de ces véhicules ont été écoulés en France, soit 1,2 % du marché. Mais en 2040, le poids des énergies renouvelables devrait avoir progressé. La loi de programmation pluriannuelle de l'énergie leur assigne un objectif de 40 % à l'horizon 2030. « Ce n'est pas gagné si l'on n'est pas plus efficace. Aujourd'hui, il faut huit ans pour faire sortir de terre une éolienne », commente-t-on du côté d'EDF. (L’Opinion du 12/07)